FIAC 2017: les temps forts de la semaine de l’art contemporain à Paris

FIAC, Paris Internationale, Private Choice, Asia Now et les autres: retour sur les temps forts d’une semaine au rythme de l’art contemporain – Par Delphine Lopez

 

Private Choice 2017, l'entrée et le salon. Semaine de l'art contemporain FIAC 2017. Delphine Lopez

Private Choice 2017, la chambre et salle à manger. Semaine de l'art contemporain FIAC 2017. Delphine Lopez

De gauche à droite : Private Choice 2017 – l’entrée avec le porte-drapeau de Raphaël Denis et le lustre de Matteo Gonet ; à droite, détail du salon: vase par Alexandre et Florentine Lamarche-Ovize et néon par Frédéric Ruyant
Vue de la chambre avec les œuvres de Antwan Horfee, Louis Granet, Jeff Koons ou encore Atelier Swarozki (entre autres) et de la salle à manger à droite: None Futbol Club (pneus), Raphaël Denis (tableau) et Bec Britain (lampadaire). Photo : ©Delphine Lopez

Lundi 16 octobre : Private Choice, luxe calme et œuvres d’art

J’ai rendez-vous au 4ème étage d’un hôtel particulier dont l’adresse n’est dévoilée que sur rendez-vous pour découvrir l’appartement rêvé de tout amoureux d’art contemporain et de design.
L’idée de Nadia Candet, fondatrice de Private Choice, est d’offrir une expérience inédite au visiteur afin d’envisager un autre rapport aux œuvres d’art, intime et patient. Le pari est réussi, l’expérience est luxueuse et à taille humaine. On apprécie de découvrir, au gré du regard, les œuvres disséminées dans des pièces aux ambiances propres, comme on découvrirait l’intérieur d’un ami proche et les objets chers à son cœur. Sans compter la qualité de la sélection des artistes présentés parmi lesquels Enrique Ramirez, Marc Geffriaud, Orlan ou encore Nøne Futbol Club.

Mardi 17 octobre : Paris Internationale, jeune et insolente

Changement radical d’ambiance. Dans le quartier de République, les anciens bureaux du journal Libération accueillent un pastiche haut en couleurs de ce que peut être l’art contemporain aujourd’hui.

Fondée à l’initiative de cinq galeries émergentes (Crèvecoeur, Paris; High Art, Paris; Antoine Levi, Paris; Sultana, Paris et Gregor Staiger, Zürich) en réponse au paysage quasi-immuable de la FIAC, Paris Internationale continue pour sa troisième édition d’offrir un espace de représentation aux galeries émergentes internationales. Fort sensible à l’esthétique industrielle de cet ancien parking reconverti en rédaction (et, je dois dire, à la vue qu’offre sa terrasse sur les toits parisiens), j’ai été moins sensible à l’esthétique générale de la foire – certes fort audacieuse, mais dont le culot presque criard empêche souvent un rapport plus profond à l’œuvre. Quelques exceptions bien sûr: le stand savamment construit de la galerie Tanya Leighton, Berlin où les œuvres semblent dialoguer entre elles, l’œuvre fort ironique de Pepo Salazar chez la galerie Sabot, Cluj ou encore les installations dorées au sol et créées in situ par Stéphanie Saadé à la galerie Marfa’, Beirut.

Paris Internationale 2017, Tanya Leighton Gallerie et Nicolà Guagnini, galerie Max Meyer. Semaine de l'art contemporain FIAC 2017. Delphine Lopez

Paris Internationale, 2017 - Pepo Salazar, galerie Sabot, Cluz. Semaine de l'art contemporain, FIAC 2017. Delphine Lopez

De gauche à droite : le stand de la galerie Tanya Leighton, Berlin ; Nicolàs Guagnini pour la galerie Max Meyer, Dusseldorf et Pepo Salazar pour la galerie Sabot, Cluj. Photo : ©Delphine Lopez

Mardi 17 octobre – soir : le Club Andalouse

Après une après-midi passée à arpenter les huit étages de Paris Internationale, c’est au Club Andalouse que la soirée arty s’est achevée. Le projet de Marie de Gaulejac résume parfaitement ce qu’il y a de particulièrement trépidant dans cette semaine de l’art contemporain : la possibilité de rencontre entre des projets et univers différents; et pourquoi pas, la naissance de nouvelles perspectives.

Le Club Andalouse est ce lieu où l’on se donne rendez-vous sans complexe, pour un café comme pour un mojito. L’espace de ce bureau du Marais accueille le temps de la FIAC des œuvres d’art qui semblent vivre au même rythme que les visiteurs. Le « livre des rumeurs » de Simon Asencio que chacun est libre de remplir ou encore les vidéos de  Camille Dumond qui diffuse chaque jour les images tournées la vieille habitent l’espace et contribuent à façonner une expérience unique propre à chacun.  Quelques bières plus tard : joie, bonheur et vive l’art !

À lire: Est-il bien raisonnable de visiter les foires quand on aime (vraiment) l’art?

Mercredi 18 octobre : La FIAC 2017, the one and only one

Jour-J, ouverture de la FIAC 2017 et début d’un ballet rôdé de collectionneurs, curateurs et galeristes. Cette année encore, grand bon point pour les galeries supérieures qui rassemblent les galeries d’art contemporain ou émergentes à travers le monde. La sélection du secteur Lafayette qui présente notamment 10 galeries dont la participation à la FIAC 2017 a bénéficié d’un soutien du groupe. Parmi elles, la très belle installation immersive de Tatjana Danneberg à la Galerie LambdaLambdaLambda, Pristina (Kosovo) et l’ambitieuse présentation monographique des vidéos de Basim Magdy à la galerie Gypsum, Le Caire.

Jeudi 19 octobre : YIA Art Fair #11 x The Wo/andering Mind

Moment important pour The Wo/andering Mind, l’ouverture de Young International Artists #11 au Carreau du Temple. The Wo/andering Mind était partenaire media de cette onzième édition et nous vous avions fait gagner mi-octobre des invitations pour la foire. Un grand merci pour vos nombreuses participations au tirage au sort ! Tous nos coups de cœur de la YIA Art Fair #11 sont à retrouver ici.

Vendredi 20 octobre : Asia Now

Galerie Maria Lund, VHN Gallery et ON/gallery à Asia Now 2017. Semaine de l'art contemporain, FIAC 2017. Delphine Lopez

Jooyoung Kim, projet spécial par la Biennale de Busan pour Asia Now 2017. Semaine de l'art contemporain, FIAC 2017. Photo : ©Delphine Lopez

De gauche à droite : Min Jung-Yeon pour la galerie Maria Lund, Paris ; Gao Wang à la galerie VNH, Paris ; Liù Toa et Zhang Zhenyu à ON/gallery, Beijing ; Jooyoung Kim projet spécial de la Biennale de Busan. Photo : ©Delphine Lopez

La jeune Asia Now (seulement trois éditions au compteur) remporte cette année encore son pari de faire découvrir une partie du marché de l’art contemporain asiatique en France. Asia Now présente une trentaine de galeries et leurs artistes venant de quatorze pays différents ; un panorama de qualité dans une ambiance chaleureuse et à taille humaine. Je salue la disponibilité des galeristes prêts à échanger dans toutes les langues au sujet des artistes présentés et de l’orientation globale de leur galerie. Un moment de découverte agréable où les frontières entre la foire d’art et le projet d’exposition sont souvent brouillées – pour notre plus grand plaisir.

À Lire : Asia Now 2016, une foire d’art contemporain asiatique à Paris

Samedi 21 octobre : FIAC Hors les murs

Je pars prendre l’air dans les allées du jardin des Tuileries où sont installées les œuvres du programme Hors les Murs de la FIAC 2017. Après le pseudo-scandale du refus du Louvre d’installer dans les Tuileries Domestikator, sculpture monumentale et suggestive de l’atelier Van Lieshout représenté par la Carpenters Workshop Gallery, je craignais de voir se déployer une sélection plutôt « décorative ». Heureusement, les propositions retenues restent originales et accessibles à tous, jouant tantôt avec l’architecture classique des jardins à la Française (les lentilles d’eau futuristes de Marta Pan), tantôt du spectateur (jeu de reflets de Florian Pugnaire et David Raffini), le bousculant parfois (ailes de corbeaux en taxidermie d’Ali Cherri).

FIAC 2017 Hors les murs au jardin des tuileries. Semaine de l'art contemporain. Photo : ©Delphine Lopez

De gauche à droite : Florian Pugnaire et David Raffini, galerie Ceysson & Bénétière ; Jim Dine, galerie Templon, Paris ; Ali Cherri, Imane Farès, Paris. Photo : ©Delphine Lopez

Dimanche 22 octobre : le coup de cœur final – Robert Brambora

Découverte tardive mais réjouissante de la proposition de Robert Brambora pour l’espace éphémère occupé par Sans titre (2016), un project-space nomade crée par Marie Madec en 2016. Entre les quatre murs d’un hôtel particulier en rénovation rue de Bourgogne, Robert Brambora prend possession des ruines et du vide de l’espace pour y projeter ses désirs de rendre visibles images mentales et songes. Les matériaux, bois, cuivre, verre répondent à ceux de l’hôtel particulier, briques, plâtre, fer. Ils habitent l’étage d’une présence étrangement organique et font résonner les textes gravés sur les silhouettes de têtes accrochées au mur. Un univers poétiquement solitaire et pourtant calmement vivant. Mon vrai coup de cœur de cette semaine.

Robert Brambora, Robert Brambora, vue de l'installation et bois gravé, Sans titre (2016). Semaine de l'art contemporain, FIAC 2017. FIAC 2017 Hors les murs au jardin des tuileries. Semaine de l'art contemporain. Photo : ©Delphine Lopez

Robert Brambora, lampe et céramique, Sans titre (2016). Semaine de l'art contemporain, FIAC 2017. Robert Brambora, Robert Brambora, vue de l'installation et bois gravé, Sans titre (2016). Semaine de l'art contemporain, FIAC 2017. FIAC 2017 Hors les murs au jardin des tuileries. Semaine de l'art contemporain. Photo : ©Delphine Lopez

De gauche à droite : Robert Brambora, détail de l’installation, Rat Heaven, 2017 – bois gravé et cuivre; Untitled, 2017 –céramique ; Untitled, 2017 – lampe ; Sans titre (2016), Paris. Photo : ©Delphine Lopez

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