Lab 14: un temple éphémère pour l’art urbain à Paris

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En décembre dernier, les passionnés de street art frétillaient d’impatience à l’annonce de l’ouverture du Lab 14 dans l’ancien bâtiment de la poste du 14ème arrondissement de Paris. L’idée : s’installer dans un bâtiment inoccupé et en faire un espace éphémère de création et d’exposition entièrement dédié aux street artistes. De décembre à février, c’est donc un art « en train se faire » qui s’offre aux visiteurs. À quelques jours de la fermeture du lieu et avant sa reconversion en logements, nous sommes allés voir le résultat final – Par Delphine Lopez

Dans la veine des projets urbains de street art

C’est bien connu, les zones urbaines regorgent de bâtiments inoccupés à plus ou moins long terme, désaffectés ou en cours de réhabilitation. Depuis quelques années, ces zones de latence spatiale font le bonheur de projets comme la Tour 13 ou la Réserve Malakoff qui les investissent au travers de proposition artistique dédiées à l’art urbain. Les murs, sols et plafonds des bâtiments vides deviennent alors pour quelques mois le terrain d’expérimentation d’artistes aux pratiques variées. C’est dans cette veine que s’inscrit la proposition du Lab 14 soutenue par l’équipe d’Artana (déjà derrière le projet de la Réserve Malakoff*).

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Lab 14 : de la poste au laboratoire artistique

L’équipe du Lab 14 a déposé ses valises au 140 boulevard du Montparnasse, dans les anciens bureaux administratifs de la Poste. L’immeuble, construction des années 1940 est destiné à la reconversion et accueillera prochainement près d’une centaine de logements, une crèche et un local commercial. En attendant, il s’est transformé en un espace hybride à mi-chemin entre la résidence d’artistes et l’espace d’exposition.

Morne, GremOne, Osons et Drinka Chagas, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Fotograffée, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Lab 14, l'art urbain en construction, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Onsept Nok, L'éléphant Volant, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Franck Duval, All Stars, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Cannibal Letters, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Le dédale du Lab 14, installation, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Snez, Mitto, Romain Peterka et Swar, Chapelle du Dieu Hibou, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Anis, L'Arbre de Noé, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez Bojan Nikolic, Le Paradis ou L'Enfer, installation au Lab 14, février 2017 - Photo ©Delphine Lopez

Une trentaine d’artistes, du graffeur au pochoiriste en passant par le photographe ou le sculpteur, a pris possession des quelques 1 600 m² mis à leur disposition. Au premier étage, les anciennes salles des bureaux ont été conservées et accueillent des créations in situ réalisées pour l’exposition. Des espaces d’ateliers sont visibles et, s’ils ne sont pas tous accessibles, les artistes se rendent souvent disponibles pour discuter de leur pratique avec les visiteurs.
Au rez-de-chaussée, une buvette et une galerie proposent une halte conviviale aux visiteurs parfois un peu déboussolés par l’enchevêtrement bordélique des œuvres du premier étage.

Une proposition très dense

L’équipe d’Artana expliquait en décembre dernier vouloir faire du Lab 14 une véritable « fourmilière créative ». Pari presque trop bien réussi. Ce n’est pas tant la progression hiératique qui interpelle. Après tout, le passage d’un univers à l’autre, tantôt sombre et menaçant, tantôt coloré et joyeux n’est pas sans faire penser aux déambulations urbaines où l’on peut découvrir à chaque coin de rue l’âme nouvelle d’un quartier.

Ce qui prête plus à confusion est l’absence manifeste de cohérence entre des propositions qui cohabitent plus que n’interagissent. La visite, par ailleurs fort distrayante et ponctuée de belles installations, s’apparente plus à un panorama- sorte de Disneyland underground- qu’à une réflexion autour des pratiques liées à l’esthétique urbaine. À tel point que l’on se demande parfois si le terme d’ « art urbain» qui chapeaute l’exposition ne serait pas un peu  marketing. Malgré tout, le Lab 14 reste une proposition ambitieuse qui vaut le coup d’œil en plein Paris.

Lab 14- l’art urbain en construction, jusqu’au 26 février 2017- 140 boulevard du Montparnasse, 75014 Paris. Du mercredi au dimanche, de 13h à 20h. Nocturnes le jeudi et samedi jusqu’à 22h. Tarif : 2€

* Mise à jour le 20/02/17: la Réserve Malakoff est un projet organisé par l’association INZOUK ASSOC composée d’Hadrien Bernard et Hanna Ouaziz.

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