Nuit Blanche 2016 sous le signe de l’Amour: 7 œuvres à ne pas manquer

Chaque premier samedi du mois d’octobre, Paris se transforme en grande insomniaque le temps de la Nuit Blanche. Cette année, c’est un Parisien transi d’amour qui errera d’installations en performances le long de la Seine. Avec près de 35 projets officiels et plus d’une centaine de propositions OFF, l’édition une fois encore promet d’être riche. Voici nos 7 coups de cœur à voir jusqu’au petit matin – Par Delphine Lopez

Vous prendrez bien un peu d’Amour

Pour sa 15ème édition, la Nuit Blanche parisienne prend les allures d’un conte amoureux qui se décompose à travers la ville en plusieurs chapitres comme autant d’étapes d’un récit poétique et participatif. Jean de Loisy– directeur artistique de Nuit Blanche et du Palais de Tokyo- et les curateurs du Palais de Tokyo ont choisi de décliner la trame imaginaire du roman de 1467 Le Songe de Poliphile attribué à Francesco Colona. Poliphile, jeune homme fougueux, y part à la quête de la nymphe Polia qui lui est apparue en rêve. Mais comme son nom l’indique- du grec polus, « nombreux »- la nymphe prend de multiples formes, ce qui oblige Poliphile – polus philos « celui qui aime le divers »- à entreprendre une quête à travers des univers tantôt merveilleux tantôt effrayants où se côtoient créatures mystérieuses et monstres fantastiques.
Un beau programme pour réenchanter la ville et rappeler que l’art est aussi une porte d’accès vers les imaginaires les plus féconds.

La forêt enchantée

Sur la place de l’Hôtel de Ville, le visiteur pénètre via un tunnel souterrain dans la forêt enchantée de Stéphane Thidet. Les mouvements perpétuels des morceaux de bois morts qui flottent au-dessus d’un lac gelé créé par l’artiste renvoient à un imaginaire de conte où la nature est un acteur du récit aux pouvoirs magiques, insoupçonnés et fascinants.

Stéphane Thidet, Sommeil- installation. Parvis de l’Hôtel de Ville, Place de l’Hôtel de Ville, 75004 Paris

À lire aussi : De pesanteur et d’eau, Stéphane Thidet est Solitaire au Collège des Bernardins

Avant la nuit dernière

Christian Rizzo, Avant la Nuit Dernière- installation. Courtesy de l'artiste. Source: Nuit Blanche 2016

Christian Rizzo, Avant la Nuit Dernière– installation. Courtesy de l’artiste.

Froussards s’abstenir. Et probablement mystiques aussi. L’installation de Christian Rizzo dans la cour néo-classique de l’hôpital se joue de notre perception et de notre rationalité. Un grand disque suspendu reflète au fil de ses mouvements des fragments de l’architecture du bâtiment, les corps diffractés des visiteurs, mais aussi semble-t-il, la silhouette d’un homme qui n’appartient pas au même monde que nous.

Christian Rizzo, Avant la Nuit Dernière – installation, Hôtel-Dieu, 1 Place du Parvis de Notre-Dame, 75004 Paris- de 19h à 7h.

« – Abraham, Abraham! Ne vois-tu point Poliphile venir ? »

Après avoir passé une semaine reclus dans le ventre d’un ours empaillé, Abraham Poincheval s’installe sur une plateforme à près de 15 mètre du sol. Il vivra là pendant la semaine précédant la Nuit Blanche et en descendra le 1er octobre à 19h. Un rôle de vigie urbaine qui n’a rien à envier aux stylites antiques- ermites qui tentaient d’accéder à la connaissance par la mise à l’épreuve des limites du corps et la méditation.

Abraham Poincheval, Vigie / Stylite– performance, Parvis de la Gare de Lyon, Place Louis Armand, 75012 Paris. Descente de l’artiste le 1er octobre à 19h.

Un monde au-delà du sol

Quel citadin n’a jamais été saisi par l’odeur qui émane de la terre mouillée après une forte pluie, et ce malgré la chape de béton qui caractérise la ville? Renvoyant à des sentiments ambigus et contradictoires, le pétrichor– c’est le nom de cette odeur si particulière- est le point de départ de la réflexion d’Anaïs Tondeur et de Germain Meulemans. Respectivement artiste et anthropologue, ils interrogent à travers une installation saisissante nos conditions d’existence urbaine et notre rapport profond à la nature.

 Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, Pétrichor, l’Odeur des Sols de Paris– installation vidéo, Lycée général Charlemagne, 14 rue Charlemagne, 75004 Paris- de 19h30 à 01h30

Estelle Delesalle et Jean-Marc Ferrari, De Amore 2 L'Ermitage des Consolations- installation. Courtesy des artistes. Source: Nuit Blanche 2016

Estelle Delesalle et Jean-Marc Ferrari, De Amore 2: L’Ermitage des Consolations– installation. Courtesy des artistes.

La Fabrique des cœurs brisés

C’est un véritable atelier à faire des cœurs brisés qu’Estelle Delesalle et Jean-Marc Ferrari installent sur le Pont d’Arcole. Des cœurs de bois sont découpés par des bûcherons avant d’être envoyés au supplice : sciures, brûlures, perforations, rien ne leurs sera épargné. Et le visiteur n’aura qu’à se débrouiller avec le pauvre bout de cœur qu’il pourra emporter avec lui.

(Heureusement, il pourra l’emmener se faire dorloter à l’Ermitage des Consolations, l’atelier de réparation des cœurs qui se trouve quelques pas plus loin.)

Estelle Delesalle et Jean-Marc Ferrari, De Amore 1, La Fabrique des Cœurs Brisés, Pont d’Arcole, 75004 Paris- de 19h jusqu’à épuisement des cœurs.
De Amore 2 : l’Ermitage des Consolations, Passerelle Debilly, 75007 Paris- de 19h à 7h00.

Les Nymphes du Crazy Horse

Un flash éblouissant accueille le spectateur venu se perdre dans les jardins du Petit Palais, comme attiré par l’aura des nymphes du cabaret le plus célèbre du monde. Dissimulées dans les bosquets, les danseuses du Crazy Horse se livrent à une chorégraphie envoutante de robes vaporeuses et de messages susurrés à l’oreille des uns. Qui pourra résister au charme ?

Le Crazy Horse Paris, Muses- performance, Jardin du Petit Palais, Petit Palais, Avenue Winston Churchill, 75008 Paris- de 20h00 à 01h00

Nouveaux Travaux

Les recherches féministes et esthétiques de Sigalit Landau égratignent l’œil et l’esprit depuis près d’une vingtaine d’années. À travers ses vidéos, performances et installations, l’artiste n’a de cesse de questionner la notion de frontières, qu’elles soient physiques, mentales ou spatiales. Pour Nuit Blanche, elle présente pour la première fois à Paris sa dernière œuvre I Wanted Better For Her – Not Worst.

Sigalit Ladau, I wanted Better for Her- Not Worst– vidéo, Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, 71 rue du Temple, 75003 Paris- de 21 h à 02h00

 Oiseaux de malheur

La chorégraphe Bouchra Ouizguen transpose au Centre Pompidou Corbeaux, une performance créée en 2014 dans le cadre de la Biennale de Marrakech au Maroc et sur fond de tensions politiques et sociales fortes. Comme un flot dérangeant et tapageur, les interprètes-volatiles envahissent l’espace et bousculent le confort des spectateurs.

Bouchra Ouizguen, Corbeaux– performance, Centre Pompidou, Place Georges Pompidou, 75004, Paris- Deux représentations à 21h et 23h dans la limite des places disponibles.

Bouchra Ouizguen, Corbeaux- performance. © Hasnae El Ouarga. Source: Centre Pompidou pour Nuit Blanche 2016

Bouchra Ouizguen, Corbeaux- performance. © Hasnae El Ouarga

 

Nuit Blanche 2016, samedi 1er octobre 2016, divers lieux dans Paris de 19h à 7h

Image de couverture : Fabrice Hyber pour Nuit Blanche 2016

 

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